Gilbert Boyer

Biographie

À ce moment-ci du projet, six semaines avant le début de la manifestation, je réalise des parcours vidéographiques arbitraires dans le centre-ville. D’abord, mes explorations ne captaient rien de particulier si ce n’est des repères présents dans monchamp visuel. C’est dans un deuxième temps, au visionnement, à la manière du film Blow-Up d’Antonioni, que se révèle le quartier. Au détour des marqueurs choisis apparaissent les surfaces, les textures, les mots, les objets ou leurs abstractions. Cette matière ainsi captée par la caméra produit du sens ou, inversement, désorganise un sens trop homogène. Peut-on vraiment saisir le quartier avec ces regards, ces passages rapides, ces attouchements en surface? Dans Blow-Up, le corps du délit est nu et féminin, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le quartier. Ce corps y est encore offert dans les commerces érotiques, les cinémas pornographiques où, assez souvent, il prend la forme d’une proposition directe dans la rue (« Est-ce que je peux te parler deux minutes? », « Allô, veux-tu parler? », « Are you busy? Come with me? »). Suivre les trottoirs comme elles le font en posant un regard déphasé sur les choses et parcourir la bande vidéo par des mouvements de va-et-vient – ralentir ou accélérer le défilement, arrêter sur une image ou la laisser avancer lentement – résument peut-être mon investigation du quartier.

Exposition

Espace mobile
2008.04.05 - 05.31

L’hypermobilité des individus aujourd’hui, le développement urbain de Montréal en archipel spécialisé, le tourisme de masse et, par conséquent…

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