Quelque chose à dire, quelque chose à faire

Andrea Geyer, Conférence sur une recherche expérimentale et projection de Always in Time. Women, Art and Politics (2012), VOX, le 14 décembre 2012.

Photo : VOX.

La politique de la fonction auteur et l’histoire des expositions

Du 12 au 15 décembre 2012

Commissarié et modéré par : Vincent Bonin, Barbara Clausen, Marie J. Jean

BARBARA CLAUSEN

QUELQUE CHOSE À DIRE – QUELQUE CHOSE À FAIRE est un cycle d’événements – conférences, performances, projections – ayant comme objectif d’investir la production du savoir, le statut de l’auteur, les politiques institutionnelles de l’art ainsi que l’historiographie des expositions. Pendant quatre jours, des artistes et des chercheurs présenteront des performances, des projections de vidéos/films et prendront part à des discussions pour réfléchir sur la façon dont ces histoires – officielles ou occultées – et leurs discours théoriques afférents problématisent les fonctions auctoriales. Ces intervenants utiliseront l’archive à la fois comme médium et matériau afin de redéfinir les conditions phénoménologiques et culturelles sous-jacentes à la production et à la médiation de l’art contemporain.

De nombreux enjeux seront abordés, allant des mises en récit des premières expositions des avant-gardes, aux discours théoriques émanant des mouvements artistiques et politiques depuis les années 1960, en passant par les théories du genre, les études queer, la critique institutionnelle et la canonisation des pratiques curatoriales. Ces intervenants se pencheront sur la manière dont les politiques institutionnelles et l’historiographie du commissariat d’expositions (ses discours d’inclusion et d’exclusion) deviennent manifestes et sont mises à l’épreuve par la « performance » et les modalités de médiation de la production artistique. Ce faisant, selon que l’ « industrie des discours » dans le champ de l’art contemporain redéfinit la fonction et le rôle de l’artiste (Sheikh, 2008), les participants investiront également des histoires parallèles de la critique institutionnelle.

L’un des objectifs de la conférence consiste à mesurer les conséquences de la traduction de propositions théoriques – la réévaluation du modernisme, l’étude des genres et les études culturelles, entre autres – au sein du format de l’exposition déterminé à la fois sur les plans politique et économique. Ces formations discursives pourront dès lors fluctuer d’un dispositif scénographique vers un lieu de production de savoir, de médiation et de contemplation. Les quatre journées feront s’enchaîner des projections de films/vidéos, des communications et des performances témoignant des intérêts ainsi que des recherches des participants. Chaque séance donnera lieu à des discussions engageant tous les intervenants ainsi que le public.

Cette série d’événements a bénéficié de l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Programme

MERCREDI 12 DÉCEMBRE 2012, DE 17 H À 21 H

Quand les artistes prennent la parole
Sarah Pierce (artiste)
Une série de performances CAMPUS (2011) et une conférence suivie d’une conversation avec Barbara Clausen

Dans sa performance de groupe, CAMPUS (2011), Sarah Pierce travaille avec des acteurs qui exécutent des gestes typiques de manifestations politiques. Parallèlement à ces gestes, ceux-ci réitèrent également des consignes (exagérez! renforcez! simplifiez!) qu’un professeur donne individuellement à ses étudiants lors d’une classe de sculpture aux Beaux-Arts. À mesure que cet individu donnant les consignes se déplace d’un étudiant à l’autre, les idées de technique et d’observation se confondent graduellement avec d’autres gestes, qui suggèrent les activités de « voir » et de « faire ».

Liste des participants :
 Anne-Marie Trépanier, Janick Burn, Audrey Wolski, Benoît Courchesne, Anastasia Domerego, Catherine D’avril, Laurent Viau-Lapointe, Valérie Nadon, Fabien Marcil.

Les discussions se tiendront en anglais. 
Nombre de places limité.


JEUDI 13 DÉCEMBRE 2012, DE 19 H À 21 H

Récits institutionnels et politiques sous-jacents à l’exposition
Conversations
, Sophie Bélair Clément (artiste)
Conférence suivie d’une conversation avec Vincent Bonin

« Un fragment souvent secondaire d’une œuvre, d’une composante architecturale, voire d’une exposition, est exproprié hors de son contexte d’origine sous forme de données brutes (en règle générale, il s’agit d’un matériau sonore ou d’une scénographie lacunaire). Des médiateurs – dans la plupart des cas, des musiciens – produisent une interprétation aussi fidèle que possible de cet enregistrement. » – Vincent Bonin, 2011.

Il sera question de Michael Morris, Vincent Trasov, Paul Wong, Eric Metcalfe, Ed Varney, Robert Filliou et Daina Augaitis; de Christiane Berndes, Jean Leering, El Lissitzky, Connie Butler, Benoit Bourdeau, Birte Endrejat et d’un gardien de musée non identifié sur une photographie des archives du Van Abbemuseum; de Jeanette Bertrand, Jean-Marc Poinsot, Jacob Wren, Catherine Chevalier, Andreas Fohr, Isabelle Graw, C.T.R. Wilson, David Tomas, Christopher Williams, Richard Hamilton, Dieter Rams, Knowles Eddy Knowles, Maria Eichhorn et Wibke von Bonin; d’Eduardo Ralickas, Charles et Ray Eames, Seth Siegelaub, Raphaël Huppé-Alvarez, Ludwig Wittgenstein, Marie Claire Forté, Adrian Piper, Lawrence Weiner, Donald Barthelme, Peter Frank, et al.

Que nous apporte l’histoire des expositions?
Elitza Dulguerova (historienne de l’art)
Conférence suivie d’une conversation avec Marie J. Jean
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Les discussions se tiendront en français. 
Nombre de places limité.


VENDREDI 14 DÉCEMBRE 2012, DE 17 H À 21 H

La politique de construction du temps
17 h à 18 h, organisé et présenté par Artexte

Marie Claire Forté (chorégraphe)
Performance Spectacle continuel (2012) dans le cadre de l’exposition « 2 rooms equal size, 1 empty, with secretary » de Sophie Belair Clement
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19 h à 21 h, à VOX
Andrea Geyer (artiste)
Conférence sur une recherche expérimentale et projection de Always in Time. Women, Art and Politics (2012) suivie d’une conversation avec Barbara Clausen

Andrea Geyer présentera une conférence sur une recherche expérimentale dont les matériaux incluent, sans y être limités, des bourses d’études, des conférences, des photos, des poèmes, des vidéos, des dessins et des spéculations. Les documents présentés proviennent de plusieurs projets récents. Ils comprennent des réflexions sur les politiques de la construction du temps, des approximations d’archives et des enquêtes sur les relations complexes d’un important groupe d’artistes, de collectionneurs, de visionnaires, d’écrivains, de militants, d’hommes politiques, de dirigeants, de poètes, d’éducateurs, de philanthropes, de fauteurs de troubles, d’intellectuels et d’organisateurs. Y seront notamment mis en vedette Katherine Dreier et la Société Anonyme, Gertrude Stein et le salon, les Cone Sisters, Gertrude Vanderbilt Whitney, Hilla Rebay, Peggy Guggenheim, le Musée d’Art Moderne construit par Lillie P. Bliss, Abby Aldrich Rockefeller et Mary Quinn Sullivan.

Les discussions se tiendront en anglais. 
Nombre de places limité.


SAMEDI 15 DÉCEMBRE 2012, DE 13 H À 16 H

Sur la production du savoir et l’historiographie des discours dans le champ de l’art

Simon Sheikh (théoricien et commissaire d’exposition indépendant)
Conférence Conceptual History or Genealogical Critique? Two Approaches to the History of Exhibition-making

Gerard Byrne (artiste)
Conférence et projection A Thing is a Hole in a Thing it is Not


Les deux présentations sont suivies d’une conversation avec Vincent Bonin

Gerard Byrne discutera de son projet en cours A Thing is a Hole in a Thing it is Not (2010 – ), dont une version fragmentaire a été présentée à VOX au printemps dernier. Le projet fait usage des idiomes propre à la dramatisation de la télévision et du théâtre afin de réévaluer au travers du regard de la caméra, la production du Minimalisme comme un objet cohérent du discours.

Les discussions se tiendront en anglais. 
Nombre de places limité.