Challenge for Change / Société Nouvelle: Documents in Participatory Democracy

Logo du programme de documentaires Challenge for Change / Société nouvelle, Office national du film du Canada, 1967-1980. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Bill Reid (réal.), Challenge for Change, image fixe, 1968, film 16mm transféré sur DVD, 24 min 21 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Len Chatwin (prod.), VTR Rosendale, image fixe, 1974, magnétoscope à bandes et film 16mm transféré sur DVD, 31 min 17 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Bonnie Sherr Klein (réal.) et George C. Stoney (prod.), Opération boule de neige, image fixe, 1969, magnétoscope à bandes et film 16mm transféré sur DVD, 26 min 25 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Tanya Ballantyne (réal.) et John Kemeny (prod.), The Things I Cannot Change, image fixe, 1967, film 16mm transféré sur DVD, 55 min 05 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Bonnie Sherr Klein (réal./prod.), Citizens’ Medecine, image fixe, 1970, film 16mm transféré sur DVD, 30 min 18 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Willie Dunn (réal.) et Barrie Howells (prod.), The Ballad of Crowfoot, image fixe, 1968, film 16mm transféré sur DVD, 10 min 18 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

David Hughes (prod.), PowWow at Duck Lake, image fixe, 1967, film 16mm transféré sur DVD, 14 min 30 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Mort Ransen (réal.) et George C. Stoney (prod.), You Are on Indian Land, image fixe, 1969, film 16mm transféré sur DVD, 36 min 48 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Kathleen Shannon (réal./prod.), They appreciate You More, image fixe, 1974, film 16mm transféré sur DVD, 14 min 42 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Kathleen Shannon (réal./prod.), Mothers Are People, image fixe, 1974, film 16mm transféré sur DVD, 07 min 18 s. Avec l’aimable permission de l’Office national du film du Canada.

Vue de l’exposition Challenge for Change / Société Nouvelle: Documents in Participatory Democracy, VOX, du 11 septembre au 1er novembre 2014.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Challenge for Change / Société Nouvelle: Documents in Participatory Democracy, VOX, du 11 septembre au 1er novembre 2014.

Crédit : Michel Brunelle.
2014.09.11 - 11.01

Vernissage le 11 septembre 2014 à 17 h

Une proposition de Jacqueline Hoang Nguyen.

Cette sélection de films est présentée en collaboration avec l’Office national du film du Canada (ONF).

Veuillez faire défiler cette page vers le bas pour consulter notre programmation détaillée.

JACQUELINE HOANG NGUYEN

Établie en 1939, la Commission nationale du film – renommée par la suite Office national du film du Canada / National Film Board of Canada (ONF/NFB) – fut créée sous la houlette de John Grierson. Réalisateur de documentaires et critique de films, Grierson fut le premier à utiliser le terme « documentaire », dans une analyse de film publiée par le New York Sun il y a près de quatre-vingt-dix ans. Selon lui, « [le] documentaire est la branche de la production filmique qui s’occupe du factuel, qui le photographie, le monte et l’agence. Il tente de donner forme et structure à l’observation directe et complexe1 ». Il poursuit en expliquant que « [par] les conditions mêmes de cette réalité, nous avons affaire à une œuvre non pas personnelle, mais publique2 ». Grierson était fermement convaincu que la représentation constitue non pas un simple compte rendu des activités de la vie quotidienne, mais un art visuel décrivant le monde ordinaire pour l’éducation du public. Sa contribution à l’établissement des fondations de l’institution publique canadienne consacrée à la réalisation de films fut sans précédent.

La pauvreté était un problème public au Canada au cours de l’après-guerre, contrairement à l’idée répandue voulant qu’il s’agisse d’une période d’abondance. Afin d’améliorer la situation, le Bureau du Conseil privé fédéral mit sur pied en 1965 un groupe de spécialistes chargés d’étudier la question et d’encourager une meilleure coopération entre les organismes fédéraux et provinciaux pour lutter contre la pauvreté. Dans le cadre de ce mandat, l’ONF reçut la mission de réaliser un film reflétant la situation sociale des Canadiens. Le film pilote, The Things I Cannot Change de Tanya Ballantyne Tree, fut diffusé à la télévision en 1967 et reste l’un des films les plus controversés jamais produits par l’Office national du film. Âprement critiqué, il fut néanmoins l’un des ancêtres du programme Challenge for Change / Société nouvelle (CFC/SN). Le film décrit la vie des Baileys, une famille habitant à Montréal dans le quartier Pointe-Saint-Charles, un coin largement affecté par la pauvreté et le chômage. Ce qui a suscité la controverse, c’est la manière dont la famille a été manipulée et exploitée pour les besoins du film. Les Baileys, auxquels on avait d’ailleurs négligé de signaler que le film serait diffusé à la télévision, furent par la suite harcelés et ridiculisés par leurs voisins, et finirent par déménager. En réponse aux critiques soulevées par d’autres réalisateurs et par des activistes communautaires, la création de CFC/SN symbolisait une volonté de permettre aux gens démunis et aux travailleurs de contrôler leur image.

Parallèlement aux effets combinés du progrès technique et du soutien gouvernemental, ce fut le programme CFC/SN qui permit d’établir un modèle participatif de réalisation documentaire en remettant le médium entre les « mains du peuple ». Les avancées technologiques, particulièrement durant la seconde moitié du 20e siècle, jouèrent un rôle déterminant dans le développement de la tradition documentaire. Des appareils d’enregistrement plus petits et plus légers, la synchronisation du son et de l’image, et des équipes réduites contribuèrent notamment à une plus grande mobilité sur le terrain et transformèrent les pratiques de réalisation documentaire dans leur ensemble. Les « réalisateurs » n’étaient plus des réalisateurs, ils étaient désormais des « conseillers techniques », chargés d’aider les citoyens des communautés concernées à utiliser le médium plus efficacement. Des ateliers étaient offerts aux membres des communautés pour leur apprendre à utiliser le matériel d’enregistrement et de montage, et des réunions de comité étaient organisées afin de passer les rushs en revue et de faire le montage collectivement. La rue des citoyens devenait ainsi un lieu d’inscription audiovisuelle. Certains de ces films furent par la suite diffusés à la télévision, et l’Office national du film effectuait parfois des sondages sur la réception des œuvres en appelant des spectateurs au hasard et en leur demandant s’ils avaient regardé tel film3. Le but de CFC/SN était non seulement de saisir la « réalité », mais également de réorganiser les relations sociales à travers la production d’images afin de faire entendre une nouvelle voix publique. CFC/SN permettait de concevoir le type de communautés, de collectivités, d’espaces et de dialogues qui sont essentiels à la formation d’une nouvelle société. Les documentaires étaient non plus de simples miroirs de la réalité, mais plutôt un outil de changement socialement utile.

Les films sélectionnés pour la série Challenge for Change / Société Nouvelle: Documents in Participatory Democracy revisitent les questions posées autrefois par CFC/SN, et, comme on le constate aujourd’hui, font écho à des problèmes qui sont toujours d’actualité au sein de la société canadienne. La série comprend cinq volets : Introduction to CFC/SN, The Activist Image in the Hands of Its Citizens, Social Changes for the Poor, For Indigenous Governance and the Autonomous Image et Not All Working Mothers Are Equal. Chacun explore un thème central de CFC/SN et présente un éventail d’expérimentations visuelles au service du changement politique (bien que certains de ces changements restent à réaliser). En cette époque d’austérité, où la culture doit, aux yeux du gouvernement, céder la place au capitalisme, les films présentés ici montrent comment un autre type de rapports sociaux est possible dans le cadre de la production d’images, d’une relation dialogique entre le film et les sujets filmés, ainsi que d’un réel engagement envers le cinéma et le changement social.

1. John Grierson, « Postwar Patterns », Hollywood Quarterly, vol. 1, no 2 (janvier 1946), p. 159-165. Notre traduction.
2. Ibid.
3. Pour une analyse plus approfondie des stratégies déployées par CFC/SN et de l’impact social du programme, les essais publiés dans l’ouvrage Challenge for Change: Activist Documentary at the National Film Board of Canada (sous la direction de Thomas Waugh, Michael Brendan Baker et Ezra Winton, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2010) sont essentiels.

 

« Un programme conçu pour améliorer la communication, instaurer une meilleure compréhension, promouvoir de nouvelles idées et provoquer un changement social. »1
— Affiche promotionnelle du film Challenge for Change (1968)

De 1967 à 1980, l’Office national du film (ONF) a mis en place une démarche sans précédent réunissant des fonctionnaires, des réalisateurs de documentaires, des activistes communautaires et des citoyens « ordinaires » sous la bannière Challenge for Change / Société nouvelle (CFC/SN). Environ cent quarante-cinq films et vidéos furent produits en anglais, et une soixantaine en français. Tournés essentiellement en 16 mm ou à l’aide d’une caméra vidéo Sony Portapak, les documentaires étaient réalisés en collaboration avec leurs sujets, et avaient pour but de saisir et de faire connaître les problèmes les plus urgents de la société canadienne, devenant à leur tour des outils de changement. Les méthodes employées étaient radicales pour l’époque et soulevaient des questions telles que : « Un projet de film mené sur plusieurs années peut-il être un agent de cohésion et un catalyseur de changement au sein d’une communauté ainsi qu’un moyen de communication avec le gouvernement ? », « Qu’est-ce que l’organisation communautaire ? » et « Quel rôle le film peut-il jouer dans une démocratie participative ? » Les films choisis pour la série Challenge for Change / Société Nouvelle: Documents in Participatory Democracy revisitent les questions posées autrefois par le programme CFC/SN, tout en montrant que l’expérimentation visuelle peut devenir un vecteur de changement politique.

1. Notre traduction.

Événement

Discussion avec Jacqueline Hoang Nguyen
2014.11.01

Dans le cadre du finissage de Challenge for Change / Société Nouvelle, rendez-vous dès 11 h le samedi 1er novembre pour un visionnement en rafale des dix films sélectionnés par Jacqueline Hoang Nguyen. Restez des nôtres de 15 h 30 à 17 h pour une rencontre-discussion.

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Programmation

Programmation en cinq volets thématiques

A : Introduction to CFC/SN
• Challenge for Change (v.o. en anglais), 1968, 24 min 21 s.

B : The Activist Image in the Hands of Its Citizens
• VTR Rosedale (v.o. en anglais), 1974, 31 min 17 s.
• Opération boule de neige (v.o. en français), 1969, 26 min 25 s.

C : Social Changes for the Poor
• The Things I Cannot Change (v.o. en anglais), 1967, 55 min 5 s.
• Citizens’ Medecine (v.o. bilingue), 1970, 30 min 18 s.

D : For Indigenous Governance and the Autonomous Image
• The Ballad of Crowfoot (v.o. en anglais), 1968, 10 min 18 s.
• PowWow at Duck Lake (v.o. en anglais, 1967, 14 min 30 s.
• You Are on Indian Land, 1969, 36 min 48 s.

E : Not All Working Mothers Are Equal
• They appreciate You More (v.o. en anglais), 1974, 14 min 42 s.
• Mothers Are People (v.o. en anglais), 1974, 07 min 18 s.

Films présentés en boucle du mardi au vendredi
A et E : mardi
B : mercredi
C : jeudi
D : vendredi

Programmation complète le samedi (horaire approximatif)
A : 12 h
B : 12 h 30
C : 13 h 30
D : 15 h
E : 16 h

Suivez ce lien pour de brèves descriptions des dix films, telles que fournies par L’ONF.

Biographie

Jacqueline Hoang Nguyen

Québécoise d’origine vietnamienne, Jacqueline Hoang Nguyen est une artiste qui vit et travaille actuellement à Montréal et Stockholm, en Suède. Utilisant un large éventail de médiums…

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