Faire des histoires

Kim Kielhofner, A Spot on the Sun, image fixe, 2014. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Kim Kielhofner, A Spot on the Sun, image fixe, 2014. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Nikki Forrest, Pictures for Listening, image fixe, 2015. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Nikki Forrest, Pictures for Listening, image fixe, 2015. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Kandis Friesen, Trade, image fixe, 2010, 5 min 30 sec. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Anick St-Louis, L’Étau, image fixe, 2007, 4 min 30 sec. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Jessica MacCormack Rae Spoon, Joan, image fixe, 2010, 3 min 53 sec. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Avec l’aimable permission du Groupe Intervention Vidéo (GIV).

Vue de l’exposition Faire des histoires : Kim Kielhofner. A Spot on the Sun/Smotyn Ar Yr Haul/Une tache sur le soleil, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Faire des histoires : Kim Kielhofner. A Spot on the Sun/Smotyn Ar Yr Haul/Une tache sur le soleil, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Faire des histoires : Kim Kielhofner. A Spot on the Sun/Smotyn Ar Yr Haul/Une tache sur le soleil, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Faire des histoires : GIV le 40e, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Faire des histoires : GIV le 40e, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Faire des histoires : GIV le 40e, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Faire des histoires : Nikki Forrest. Pictures for Listening, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.

Nikki Forrest, Pictures for Listening, image fixe, 2015. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Vue de l’exposition Faire des histoires : Nikki Forrest. Pictures for Listening, VOX, du 28 février au 28 mars 2015.

Crédit : Michel Brunelle.
2015.02.28 - 03.28

Nikki Forrest, Kim Kielhofner et Groupe Intervention Vidéo (GIV)

Commissaires
Nicole Gingras, Petunia Alves et Anne Golden

Vernissage le 28 février 2015 à 15 h


Une proposition de Nicole Gingras, dans le cadre du
33Festival International du Film sur l’Art (Section Arts
médiatiques / FIFA expérimental). Un partenariat entre VOX,
le GIV et le FIFA.

 

Faire des histoires est une proposition de Nicole Gingras, qui consiste en trois expositions présentées dans le cadre de FIFA expérimental, section Arts médiatiques du 33e Festival International du Film sur l’Art (FIFA). Elles ont toutes un lien avec la mémoire : sur le plan de la perception, de l’élaboration d’un récit ou comme dispositif d’archivage. L’événement regroupe deux solos sous le commissariat de Nicole Gingras, réunissant des œuvres inédites de Nikki Forrest et de Kim Kielhofner, ainsi qu’une exposition célébrant le 40e anniversaire du Groupe Intervention Vidéo (GIV), sous le commissariat de Petunia Alves et Anne Golden.

Communiqué de presse

Se mouvoir dans l’histoire
Lecture, traduction, trace

NICOLE GINGRAS

Trois expositions sont réunies sous le titre FAIRE DES HISTOIRES. À première vue, elles ont en commun l’image en mouvement et un moyen d’expression : la vidéo. Elles mettent également de l’avant l’écoute, suggérant au visiteur d’être non seulement un œil, mais aussi une oreille qui se déplacent dans l’espace. La vidéo s’expose dans un rapport intime et privilégié qu’elle semble exiger du spectateur-auditeur. La vidéo fait des histoires ; la vidéo fait son cinéma.

Les images de cinéma sont au cœur de l’installation A Spot on the Sun/Smotyn Ar Yr Haul/Une tache sur le soleil de Kim Kielhofner. L’artiste s’exerce à se rappeler le film Sans soleil de Chris Marker. Elle cherche, tente de se souvenir, associe, invente ; elle refait une histoire et la déroule comme une spirale. Les lieux se succèdent et deviennent familiers. Une figure féminine récurrente les traverse ; d’autres personnages féminins lui sont associés. Portée par trois récits, transmis par trois narratrices en anglais, en gallois et en français, dans lesquels la traduction alimente le processus de remémoration, l’installation déploie une multitude de fragments qui, après quelques minutes d’observation, absorbent Sans soleil. Avec le temps, Kim Kielhofner a constitué une substantielle banque d’images et tisse entre elles des liens d’ordre formel, conceptuel ou affectif qui lui sont propres1. L’atlas comme principe d’association indissociable d’un réflexe de collection s’impose ici. Il révèle les mouvements d’une pensée fondée sur un mode de lecture – concept que j’emprunte à Georges Didi Huberman : « Il y aurait donc deux sens, deux usages de la lecture : un sens dénotatif en quête de messages, un sens connotatif et imaginatif en quête de montages. Le dictionnaire nous offre d’abord un outil précieux pour la première de ces quêtes, l’atlas nous offre certainement un appareil inattendu pour la
seconde2. »

De son côté, Nikki Forrest ancre sa pratique dans une installation à l’écart du narratif, privilégiant des éléments en apparence abstraits : glissements de lumière et d’ombres, sons dévoilant textures et intensités, traces discrètes sur papier. Pictures for Listening observe et capte l’imperceptible ; elle plonge le visiteur dans un aller-retour entre son et image, lui offrant un espace d’écoute active où les référents spatio-temporels se dissolvent3. L’œuvre a été créée avec une caméra au regard myope. L’artiste confie : « Les images vidéo ont été produites à l’aide du capteur d’un appareil photo numérique de type reflex pour saisir la lumière à un moment et dans un lieu précis ; l’objectif a été détaché afin que la caméra ne puisse pas « voir » de la manière habituelle. Le son enregistré simultanément aux images a été traité, édité et remixé pour produire la bande sonore4. » Des dessins font face à la vidéo projetée. Nikki Forrest, les yeux fermés et portant un casque d’écoute, a transposé sur papier les textures et les rythmes de la bande sonore qu’elle écoute en dessinant. L’artiste cherche à traduire des perceptions fugaces et s’interroge sur le devenir-image du son et sur le devenir-son de l’image. Dans cet entre-deux, elle offre un contexte et révèle un processus, une transformation de la perception de l’espace, et traduit une expérience qui, malgré ce degré d’abstraction ou grâce à celui-ci, est bien enracinée dans sa mémoire.

Faire des histoires, c’est aussi résister : dire, montrer et faire autrement. Le GIV pratique cette façon de faire autrement depuis 40 ans. GIV le 40e invite le visiteur à parcourir l’espace d’une histoire de la vidéo, à marcher dans la mémoire d’une collection. Des casques d’écoute sont à sa disposition et l’invitent à amorcer une relation personnelle avec chaque œuvre. Non pas spectacle, mais expérience. Non pas démonstration, mais découverte. Le spectacle s’éclipse devant les questionnements, les témoignages, les expériences partagées et les recherches des artistes réunies. Pour le GIV, la mémoire s’écrit dans et par le geste d’enregistrer, de capter et de diffuser images et sons. Pour Nikki Forrest, « la mémoire est un espace, un champ de couleurs ; espace, écran – une fenêtre plutôt qu’un écran5. » Pour Kim Kielhofner, la mémoire est un espace de transformation où la linéarité n’existe pas : « En l’absence de détails, je me fie à l’histoire qui m’est familière, et qui tend à se recréer6. » La vidéo se souvient et s’écrit au présent.

1. Les livres conçus par l’artiste, exposés à VOX, prolongent les principes de montage explorés dans les trois vidéos de l’installation et révèlent un vertigineux réservoir d’images.
2. Georges Didi-Huberman, Atlas ou le gai savoir inquiet – L’œil de l’histoire, 3, Paris, Éditions du Seuil, 2011, p. 15.
3. Cette œuvre prend ses origines dans Sense Place, performance exécutée dans le cadre de l’événement Les Voisins en juin 2014. Nikki Forrest mixait en direct des sources sonores enregistrées, tout en projetant simultanément les images vidéo – l’artiste portant une attention toute particulière aux motifs, aux formes et à la grande diversité des sons de son environnement immédiat lors de sa collecte de matériaux. Il s’agissait pour elle de l’exploration d’un lieu, comme expérience incarnée et guidée par les sens.
4. Nikki Forrest, descriptif de Pictures for Listening, Catalogue du 33e FIFA, Montréal, 2015, p. 97.
5. Extrait d’une conversation avec l’auteure, en février 2009.
6. Kim Kielhofner, extrait du texte de A Spot on the Sun. [Traduction libre.]

Kim Kielhofner. A Spot on the Sun/Smotyn Ar Yr Haul/Une tache sur le soleil

Commissaire : Nicole Gingras

Kim Kielhofner présente une installation audio et vidéo inédite dont le point d’ancrage est le film Sans soleil (1983), de Chris Marker, qu’elle tente de refaire d’après le souvenir qu’elle en a conservé. Il s’ensuit un fascinant travail de montage d’éléments sonores, d’images et de textes, reflétant la complexité d’un processus de remémoration, mais aussi les glissements qui peuvent surgir dans la traduction. Écrit d’abord en anglais, le texte de la narration a été traduit en gallois, puis en français et une dernière fois en anglais. Cette opération d’évocation associée à un travail d’écriture et de traduction engendre trois vidéos, trois récits, chacun porté par une narratrice : trois espaces à la fois uniques et qui, à l’observation, deviennent de plus en plus familiers. L’expérience de l’œuvre repose sur la puissance des images qui apparaissent, disparaissent et refont surface, entre souvenir, perception et imagination.

Complémentaire à sa pratique en vidéo, Black Book Project est un corpus de livres, conçus par l’artiste depuis 2005, nous révélant à quel point les notions de montage, d’association et de collage sont au cœur de ses préoccupations. Le collage peut être ici perçu comme procédé, mode de pensée et de transmission dans lequel l’éclat, le fragment d’une collection d’images et de mots sont privilégiés dans l’élaboration d’un récit.

Il s’agit de la première exposition individuelle de l’artiste.

Nikki Forrest. Pictures for Listening

Commissaire : Nicole Gingras

Pictures for Listening consiste en une installation audio-vidéo inédite et des dessins récents nous révélant les recherches de Nikki Forrest sur ce qu’elle qualifie d’« images pour écouter ». Il s’agit ici d’une réflexion sur l’espace qu’occupe le son, la relation entre la lumière et l’image, et les équivalences éventuelles entre son et image.

La pratique de Nikki Forrest, d’abord narrative et autobiographique, s’est progressivement tournée vers l’étude de formes et de mouvements où la mémoire joue un rôle déterminant. Depuis quelques années, l’artiste revoit les formes, plutôt que les signes et les symboles, en s’éloignant du récit pour privilégier une expérience perceptuelle qui repose sur l’observation et l’écoute. Nikki Forrest conçoit des espaces pour penser. La mémoire comme technologie et la notion de lieu guident l’artiste dans son exploration du monde qui l’entoure. Pictures for Listening s’est construite à partir d’un désir de dessiner et de capter en vidéo l’espace autrement : à l’aveugle. Sentir le son et l’espace, percevoir le mouvement et ce qui lui échappe, sans les décrire, pour mieux les retrouver.

Programmation du GIV

Sauf indication contraire, les vidéos sont en français ou sans dialogue.

LES ANNÉES 1975-1979

Programme 1 (58 min)
• Jean-Pierre Boyer, Mémoire d’octobre, Québec, 1979, 58 min.

Programme 2 (60 min)
• Michel Sénécal et Michel Van De Walle, Ceci est un message de l’idéologie dominante, Québec, 1975, 20 min.
• Hélène Bourgault, Partir pour la famille, Québec, 1974, 30 min.
• Louise Gendron, Femmes de rêve, Québec, 1979, 10 min.

LES ANNÉES 1980-1989

Programme 3 (46 min)
• Femmes En Focus, Y paraît que c’est mes nerfs, Canada, 1981, 20 min.
• Ardele Lister, Hell (anglais), États-Unis, 1984, 17 min.
• Gloria Camiruaga, Popsicles, Chili, 1984, 5 min.
• Diane Poitras, Comptines, Québec, 1986, 4 min.

Programme 4 (49 min)
• Carole De Beaumont et Johanne Fréchette, La Romance du rock, Québec, 1985, 28 min.
• Nancy Marcotte et Colette Loumède, Reportage Brésil, Québec, 1986, 15 min.
• Silvana Afram, L’Obscurité de mon langage II, Brésil, 1988,
4 min.
• Marilyn Burgess, Une fille de ma gang, Québec, 1989, 20 min.

LES ANNÉES 1990-1999

Programme 5 (58 min)
• Christine Martin, Laws and Skin (anglais), Canada, 1990,
5 min.
• Ève Lamont, Bataclan, Québec, 1991, 7 min.
• Anne Golden et Petunia Alves, Les Autres (français et anglais), Québec, 1991, 31 min, extrait de 10 min.
• Diane Obomsawin, L’abominable microbe, Québec, 1992, 5 min.
• Cathy Sisler, Aberrant Motion #4 (Face Story, Stagger Stories) (anglais), Québec, 1993, 14 min 31 sec, extrait de
5 min.
• Cheryl Sim, A Few Colourful Phrases (anglais), Québec, 1995, 12 min 45 sec, extrait de 5 min.
• Lisa Graves, Deborah Vanslet et Sarah Williams, Link, Québec, 1996, 6 min.
• Dana Inkster, Welcome to Africville (anglais), Québec, 1999,
15 min.

LES ANNÉES 2000 À AUJOURD’HUI

Programme 6 (environ 75 min)
• Diyan Achjadi, Recommended Daily Allowance, Québec, 2002, 31 sec.
• Frédérick Belzile, Falling (anglais), Québec, 2002, 2 min 31 sec.
• Claudia Bernal, Seules celles qui meurent de mort violente vont directement à l’un des paradis (monument à Ciudad De Juarez), Québec/Mexique, 2002, 3 min.
• Tamara Vukov, NatoNosferatu (anglais), Canada, 2004,
3 min 40 sec.
• Aurélie Pedron, C’est ainsi qu’on avale Artaud, Québec, 2005, 3 min 10 sec.
• Marik Boudreau, Sans Statut, Québec, 2006, 2 min 19 sec.
• Anick St-Louis, L’Étau, Québec, 2007, 4 min 30 sec.
• Jenny Lin, Transfer Point, Canada, 2007, 5 min 23 sec.
• Gabriela Golder, Doméstico/Domestic, Argentine, 2007,
1 min 30 sec.
• Dayna McLeod, That’s Right Diana Barry—You Needed Me (anglais), Canada, 2009, 6 min 48 sec.
• Victoria Stanton, Sunburst, Québec, 2009, 3 min 29 sec.
• Élaine Frigon, Maison/Fast Forward, Québec, 2010, 5 min.
• Sabrina Ratté, La Lune, Québec, 2010, 2 min 20 sec.
• Kandis Friesen, Trade (texte anglais à l’écran), Québec, 2010,
5 min 30 sec.
• Jessica MacCormack et Rae Spoon, Joan (anglais), Québec, 2010, 3 min 53 sec.
• Michelle Smith, Traces souterraines (anglais avec
s.-t. français), Québec, 2010, 7 min 55 sec.
• Lamathilde, Le jeu du pendu — Hangman, Québec, 2010,
1 min 40 sec.
• Eugénie Cliche, Paysage, Québec, 2011, 6 min 49 sec.
• Nelly-Ève Rajotte, (I), Québec, 2013, 1 min.
• Isabelle Hayeur, Mirages, Québec, 2014, 9 min 50 sec.

GIV le 40e

Commissaires : Petunia Alves et Anne Golden

Les artistes sont la raison d’être du GIV, la pierre angulaire de ses activités. Il y a 40 ans, des artistes producteurs et productrices créaient le GIV. Depuis, le centre a toujours été dirigé par des artistes. Pour illustrer notre longue et riche histoire, il nous a donc semblé naturel de présenter ici une sélection d’œuvres et de vidéastes qui ont été ou sont associées au GIV. Nous sommes parmi les quelques rares centres dédiés à la mise en valeur d’œuvres réalisées par des femmes.

Le GIV représente actuellement 330 artistes. Sa collection compte 1 260 vidéos. GIV le 40e vous en offre un aperçu. Assemblées par ordre chronologique, 40 œuvres témoignent des différentes périodes de l’histoire du GIV et mettent en lumière la diversité des pratiques, des thèmes et des technologies qui caractérisent l’histoire de l’art vidéo. S’ajoutent divers documents d’archives (affiches, catalogues, photographies, documents) pour compléter ce parcours dans notre collection.

Cette exposition constitue un retour dans le passé et donne à voir des images fantomatiques, générées par des caméras et des appareils de montage désormais obsolètes. L’exposition propose aussi des échos de la vidéo actuelle, mélange inusité de technologies anciennes et nouvelles, judicieusement utilisées par des artistes inventives. Pour ce qui est de l’avenir de la vidéo, nous ne pouvons qu’être optimistes face à un médium déclaré mort à de multiples reprises et qui demeure bien vivant. Quant à nous, nous sommes toujours là, prêtes pour les 40 prochaines années.

GIV le 40e est le premier d’une série d’événements prévus en 2015 pour commémorer cet anniversaire important.

Entretien

Un reportage de CBC News Montreal sur GIV le 40e, présenté à VOX dans le cadre de l’exposition Faire des histoires.

Voir l’entretien

Événement

Rencontres-discussions avec Alves, Forrest, Gingras, Golden et Kielhofner
2015.03.20

Vous êtes invités à rencontrer les artistes et commissaires de l’exposition Faire des histoires !

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Événement

Vernissage nocturne
2015.02.28

Dans le cadre de la Nuit blanche à Montréal, VOX vous convie exceptionnellement à un vernissage nocturne ! Venez découvrir l’exposition Faire des histoires

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