Le Mois de la Photo à Montréal 2013

Max Dean, As Yet Untitled, 1992-1995, vue d’installation, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto, 1997. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et du Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto.

ExpVisLab, Swarm Vision, 2013. Capture d’écran réalisée en cours de création, 2012. Avec l’aimable autorisation des artistes.

Craig Kalpakjian, Black Box, 2002-2013, vue d’installation, Andrea Rosen Gallery, New York, 2002. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Barbara Probst, Exposure #55: Munich, Waisenhausstrasse 65, 01.17.08, 1:55 p.m., 2008, image tirée de l’œuvre, 12 épreuves à jet d’encre UltraChrome sur papier coton, 75 x 112 cm chacune. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de Murray Guy, New York © VG Bild-Kunst, Barbara Probst / SODRAC (2013)

Vue de l’exposition Le Mois de la Photo à Montréal 2013, VOX, du 7 septembre au 19 octobre 2013.

Crédit : Corina Ilea.

Vue de l’exposition Le Mois de la Photo à Montréal 2013, VOX, du 7 septembre au 19 octobre 2013.

Crédit : Corina Ilea.

Vue de l’exposition Le Mois de la Photo à Montréal 2013, VOX, du 7 septembre au 19 octobre 2013.

Crédit : Corina Ilea.

Vue de l’exposition Le Mois de la Photo à Montréal 2013, VOX, du 7 septembre au 19 octobre 2013.

Crédit : Corina Ilea.
2013.09.07 - 10.19

Max Dean, ExpVisLab, Craig Kalpakjian et Barbara Probst

Commissaire
Paul Wombell

Vernissage le 7 septembre à 17 h

À l’occasion de sa 13e édition, Le Mois de la Photo à Montréal a invité le réputé commissaire britannique Paul Wombell à articuler sa programmation autour du thème Drone : l’image automatisée. Du 5 septembre au 19 octobre 2013, plus de 25 expositions déployées sur différents sites, transformeront la ville en une vaste exposition de photographie.

Drone : l’image automatisée

PAUL WOMBELL

Les drones prolongent les capacités visuelles du corps. L’œil a une position fixe sur le corps, une vision limitée à longue distance et diminuée dans de mauvaises conditions d’éclairage. Les drones peuvent se rendre à des endroits dangereux et éloignés, et peuvent voir même par faible luminosité. On peut les contrôler et les opérer à distance, et les faire fonctionner automatiquement. Dotés d’un mode de détection artificielle, ils semblent être capables d’intention et d’action. Les drones sont les robots de la vision. Au cours des quarante dernières années, l’appareil photo a adopté certaines caractéristiques des drones, à tel point qu’il a maintenant sa propre vie et fonctionne davantage comme un ordinateur. Il n’est plus nécessaire de regarder par le viseur, puisque le temps de pose est calculé automatiquement. L’appareil peut être ajusté pour saisir des images sans qu’il soit nécessaire d’être derrière lui. Avec les détecteurs de mouvement, les contrôles à distance, la télévision en circuit fermé, la webcam, Google Street View et le développement de la robotique, l’appareil photo peut fonctionner sans intervention humaine.

Drone : l’image automatisée est un projet qui vise à cartographier la relation en constante mutation entre l’appareil photo et le corps humain. Il examine la manière dont les photographes et les artistes utilisent les mécanismes automatiques de l’appareil sous toutes ses formes dans leur production artistique.

Max Dean (Ontario, Canada)

Au cœur de l’œuvre As Yet Untitled (1992-1995) de Max Dean, il y a la nature délétère de l’innovation technologique qui rend les anciennes formes de technologie obsolètes et change les relations sociales actuelles. Un bras robotique pivote pour sélectionner une photographie de famille qui est ensuite offerte au visiteur. Celui-ci peut presser contre les silhouettes de mains devant le robot, de façon à préserver la photo et à la placer dans une boîte d’archives ; ou encore choisir de ne rien faire, ce qui entraîne alors le déchiquetage de l’épreuve dont les résidus atterrissent sur un tapis roulant pour rejoindre les autres images détruites. Le bras retourne alors à la pile de photographies et réitère le processus. L’épreuve photographique devient un objet jetable en quête de jours meilleurs.

ExpVisLab (Hongrie / Québec, Canada / États-Unis)

Depuis les années 1990, le débat sur la photographie numérique porte sur le statut de l’image, que ce soit sa capacité à se modifier, se compresser et se diffuser partout dans le monde en quelques secondes ou son fonctionnement polyvalent sur diverses plateformes informatiques. Mais l’appareil photo a peu évolué à travers cette transformation de la nature technologique de la photographie. Or, les choses changent. Dans la photographie computationnelle (ou informatisée), l’appareil photo est entièrement reconfiguré. Le collectif ExpVisLab (George Legrady, Danny Bazo et Marco Pinter) travaille au développement d’un dispositif optique intelligent. L’installation interactive Swarm Vision (2013) se compose de trois caméras sensibles aux mouvements humains. Elles comparent et évaluent leurs résultats respectifs qu’elles projettent sur le mur de la galerie.

Craig Kalpakjian (États-Unis)

En 1999, Sony lance un nouveau gadget, le chien AIBO. Ce robot est capable d’apprendre, de s’adapter à son environnement domestique et de réagir aux besoins fonctionnels et émotionnels de son propriétaire. Il peut émettre des sons amicaux et prendre ses propres photographies. Trois ans plus tard, Craig Kalpakjian crée son œuvre Black Box (2002-2013) dans laquelle il a placé un chien Sony AIBO à l’intérieur d’une boîte en bois scellée, rappelant la Skinner Box dont se servent les chercheurs pour étudier le comportement animal dans un environnement contrôlé. Confiné dans la boîte à l’abri des regards, le chien robot prend un cliché une fois par jour. Ses photographies sont ensuite exposées sur les murs de la galerie.

Barbara Prost (Allemagne / États-Unis)

À l’aide de multiples appareils photo placés en différents endroits, et d’un dispositif radio déclenchant simultanément les prises, Barbara Probst dissèque le moment photographique. Ayant pour toile de fond un appartement à peine meublé, Exposure #55: Munich, Waisenhausstrasse 65, 01.17.08, 1:55 p.m. (2008) se compose de douze photographies prises par autant d’appareils orientés selon des angles et des distances variés. Ceux-ci regardent par des trous de serrure et des embrasures de porte, suivent les contours d’un meuble, et choisissent pour sujets des cadrages ambigus. Les appareils prennent des photographies d’appareils en train de photographier des appareils. Le visiteur pénètre dans un labyrinthe visuel dont il n’est pas simple de s’extraire.