Rythmes urbains

Kinga Araya, Fifty-Five (extrait), 2006, DVD, 80 min. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Kinga Araya, Fifty-Five (extrait), 2006, DVD, 80 min. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Kinga Araya, Fifty-Five (extrait), 2006, DVD, 80 min. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Kinga Araya, Fifty-Five (extrait), 2006, DVD, 80 min. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Gwenaël Bélanger, Toronto (grand), de la série Courir les rues, 2005, épreuve au jet d’encre, 36 x 233 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Gwenaël Bélanger, Toronto (petit), de la série Courir les rues, 2005, épreuve au jet d’encre, 18 x 127 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Clara Gustche, de la série Parkscapes / Les paysages domestiques, 1982-1984, épreuve à la gélatine argentique virées au sélénium, 38,1 x 48,3 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Clara Gustche, de la série Parkscapes / Les paysages domestiques, 1982-1984, épreuve à la gélatine argentique virées au sélénium, 38,1 x 48,3 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Clara Gustche, de la série Parkscapes / Les paysages domestiques, 1982-1984, épreuve à la gélatine argentique virées au sélénium, 38,1 x 48,3 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Thomas Kneubülher, After Dark #3 (outlook), de la série After Dark, 2006, épreuve couleur, 100 x 127 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Thomas Kneubülher, After Dark #1 (parking), de la série After Dark, 2006, épreuve couleur, 127 x 100 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

David Miller, University and René-Lévesque, de la série Urban Entropy, 1994, épreuve à la gélatine argentique virée à l’or et au sélénium, 28 x 35,5 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

David Miller, Parking Lot Between Drummond and Moutain Looking South From La Gauchetière, de la série Parking Lots and Construction Sites, 1981, épreuve à la gélatine argentique virée à l’or et au sélénium, 28 x 35,5 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Alain Paiement, Tilt, 2005, épreuve au jet d’encre, 107 x 315 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Gabor Szilasi, Le restaurant Texan, de la série Sainte-Catherine, 1977-1989, épreuve à la gélatine argentique, 35,5 x 28 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Gabor Szilasi, Dunn’s Famous Delicatessen, de la série Sainte-Catherine, 1977-1989, épreuve à la gélatine argentique, 28 x 35,5 cm. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Gabor Szilasi, Angle Marie-Anne et Rivard (détail), de la série Panoramas de Montréal, 1997, 4 épreuves à la gélatine argentique, 28 x 35,5 cm chacune. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Bill Vazan, Highway 37 (détail), Montréal 8 août 1970, 159 épreuves à la gélatine argentique et plan, dimensions variables. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Bill Vazan, Highway 37 (détail), Montréal 8 août 1970, 159 épreuves à la gélatine argentique et plan, dimensions variables. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Bill Vazan, Highway 37 (détail), Montréal 8 août 1970, 159 épreuves à la gélatine argentique et plan, dimensions variables. Avec l’aimable permission de l’artiste.

Vue de l’exposition Rythmes urbains, Salle de diffusion Parc-Extension, du 10 mai 2007 au 17 juin 2007.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Rythmes urbains, Salle de diffusion Parc-Extension, du 10 mai 2007 au 17 juin 2007.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Rythmes urbains, Salle de diffusion Parc-Extension, du 10 mai 2007 au 17 juin 2007.

Crédit : Michel Brunelle.

Vue de l’exposition Rythmes urbains, Salle de diffusion Parc-Extension, du 10 mai 2007 au 17 juin 2007.

Crédit : Michel Brunelle.
2007.03.24 - 2008.02.10

Kinga Araya, Gwenaël Bélanger, Clara Gustche, Thomas Kneubühler, David Miller, Alain Paiement, Gabor Szilasi et Bill Vazan

Commissaire
Claudine Roger


Exposition du Conseil des Arts de Montréal en tournée conçue et réalisée par VOX.


Du 24 mars 2007 au 6 mai 2007, Galerie Stewart Hall, 176, chemin Bord-du-Lac, Pointe-Claire

Du 10 mai 2007 au 17 juin 2007, Salle de diffusion Parc-Extension, 421 Saint-Roch, Montréal

Du 26 juin 2007 au 18 août 2007, Maison de la culture Rosemont / Petite Patrie, 6707, avenue de Lorimier, Montréal

Du 24 août 2007 au 29 septembre 2007, Maison de la culture Ahuntsic, 10300, rue Lajeunesse, Montréal

Du 5 octobre 2007 au 3 novembre 2007, Galerie Port Maurice, 8428, boul. Lacordaire, Montréal

Du 9 novembre 2007 au 6 janvier 2008, Pavillon de l’Entrepôt, 2875, boul. Saint-Joseph, Lachine

Du 12 janvier au 10 février 2008, Centre culturel de Verdun, 5955, rue Bannantyne, Montréal

CLAUDINE ROGER

Les villes sont un ensemble de beaucoup de choses : de mémoires, de désirs, de signes d’un langage ; les villes sont des lieux d’échanges, comme l’expliquent tous les livres d’histoire économique, mais ce ne sont pas seulement des échanges de marchandises, ce sont des échanges de mots, de désirs, de souvenirs. – Italo Calvino, Les Villes invisibles, Paris, Éditions du Seuil, coll. Points, 1996, p. 6.

La ville fascine. À la fois objet de répulsion et de séduction, elle fut très tôt le thème de prédilection de nombreux artistes et le champ privilégié de diverses expérimentations artistiques. Attentifs au mouvement et au spectacle de la ville au quotidien, ces derniers ont depuis plus d’un siècle su saisir avec une extrême sensibilité des instants fugitifs étroitement liés à la vie urbaine.

La photographie est rapidement devenue un outil privilégié pour observer le paysage urbain et ses transformations. Rapide et précis, l’appareil photographique permet de saisir avec intensité le rythme accéléré de la vie. Il fixe les événements, détaille les architectures et les lieux et surtout préserve de multiples informations pour notre mémoire collective. Plusieurs photographes (Atget, Cartier-Bresson, Nègre, Stieglitz, etc.), et plus précisément ceux associés à l’école américaine (Evans, Franck, Friedlander, Strand, entre autres), ont choisi le genre particulier du documentaire photographique pour représenter la ville moderne sous ses multiples visages. Le passant, la rue, l’architecture, les signes urbains, mais aussi l’hétérogénéité des populations ont captivé ces photographes dans une perspective de reportage social et de pratique esthétique. Ils ont parcouru la ville à la recherche d’images, faisant de la rue le point de départ d’une photographie plus subjective et engagée à saisir une nouvelle vision du monde. L’esthétique de la photographie de rue américaine marquera profondément l’histoire de la photographie et servira de modèle pour les générations qui, à leur suite, arpenteront les villes.

Territoire artificiel, aménagé selon la représentation que l’homme se fait du monde, le paysage urbain ne cesse d’interpeller les artistes aujourd’hui encore comme en témoignent les pratiques réunies dans la présente exposition. Ces pratiques portent sur différents enjeux de l’espace urbain en traitant, entre autres, de la transformation et de l’évolution de la ville, des strates de son histoire, de son insertion dans le paysage ou encore des diverses façons de l’habiter. Ici le dialogue entre des travaux historiques et contemporains nous permet d’observer différentes approches photographiques de la ville. Ces artistes nous obligent en tant que spectateur et citadin à ralentir et à regarder la ville autrement. Leurs images nous séduisent, nous remettent en question. Elles nous obligent à revoir notre perception de la ville et notre rapport avec elle.

FAIRE CORPS AVEC LA VILLE

Plus de la moitié de la population mondiale vit actuellement dans les villes. Cette urbanisation marque et bouleverse le paysage en soulignant plus que jamais l’importance des relations entre l’homme et la ville. La ville évolue, se fragmente sous l’impulsion de l’homme qui est la fois acteur et témoin de ces profondes transformations. « Je suis un homme des villes; je suis né, j’ai grandi, et j’ai vécu dans des villes. Mes habitudes, mes rythmes et mon vocabulaire sont des habitudes, des rythmes et un vocabulaire d’homme des villes. La ville m’appartient », a écrit Perec1. L’homme et la ville forment un ensemble indissociable. Le phénomène de la ville se présente comme une dimension constituante de l’existence humaine, d’une vie qui n’est autre qu’un ensemble articulé de rapports et d’expériences difficilement cernables. Dans notre rapport de proximité avec l’espace urbain, notre corps ne peut être privé de sensations, il est activé et influencé par l’environnement qui l’entoure, par les multiples rapports sociaux et il agit sur eux. Chacun fait corps avec la ville et celle-ci ne peut être mise à distance, réduite à un espace extérieur ou soumise à une vue surplombante. Il s’agit plutôt d’échanger avec la ville, de la pratiquer afin de faire ressortir ses singularités.

Ce rapport homme-ville, les artistes de cette exposition l’énoncent de différentes façons. Certains soulignent la valeur de l’architecture comme déterminante de la qualité de l’environnement d’un individu et de la place qu’elle occupe dans la mémoire d’une collectivité et d’une ville (Gabor Szilasi et David Miller) ou encore révèlent de manière intimiste comment certains lieux dévoilent un monde intérieur (Clara Gutsche). D’autres rappellent que la ville est façonnée au quotidien par les usages du citadin (Gwenaël Bélanger et Bill Vazan) et qu’elle est habitée et nourrie par les multiples cultures qu’elle abrite et qui, transportant leur passé et leur mémoire, forment son présent (Kinga Araya). Enfin, d’autres dénoncent l’étalement urbain qui fractionne la ville et influence des manières de se comporter (Thomas Kneubühler) ou interrogent la façon d’occuper l’espace en cartographiant la ville et ses bâtiments (Alain Paiement).

C’est par le déplacement – pensons au flâneur de Charles Baudelaire – par diverses rencontres et interactions avec l’autre que se construit et se transforme la représentation du paysage urbain. Attentifs à la circulation et au spectacle urbain au quotidien, les artistes de cette exposition ont arpenté la ville et sa périphérie à la recherche d’expériences et de situations potentielles. Parcourir la ville en la photographiant, c’est réécrire son histoire à chaque foulée. À la manière des artistes qui ont sillonné différentes villes chargées de mémoire, nous vous proposons un parcours, une déambulation dans ces villes et leurs différentes zones.

1. Georges Perec, Espèces d’espaces, Paris, Galilée, 1974/2000, p. 136.

Journal # 22 - 2007-2008

Consulter le journal de l’exposition Rythmes urbains en ligne